Intelligence artificielle ou imbécillité artificielle

intelligence artificielle

“Aucun des concepteurs de l’« intelligence artificielle » n’a pour but de faire une machine si sophistiquée qu’elle parvienne à cet exploit de déclarer par sa voix de synthèse : « Débranchez-moi, s’il vous plaît, je suis insuffisante. » Si l’« intelligence artificielle » visait la stupeur, et non le calcul, ce serait vraiment le signe de son intelligence, c’est-à-dire de son ouverture à ce qui la dépasse. La machine se mettrait à jeûner d’électricité et à prier pour être arrachée à la prison du calculable. Mais avec une telle perspective, je le crains, le projet de fabriquer une « intelligence artificielle » n’aurait jamais vu le jour.

Je suis même tenté de penser que l’horizon des fabricants de computeurs n’est pas tant l’intelligence que l’imbécillité artificielle. Car l’imbécile n’est pas celui qui consent à la stupeur. C’est celui qui a réponse à tout. Incapable de s’ouvrir à ce qui le transcende, à l’autre, à l’événement, il mouline tout dans son petit système. Or un système informatique sait très bien s’enfermer dans un système. Manié par une intelligence humaine, il peut rendre des services ; mais, conçu de telle sorte que l’intelligence humaine doive s’en remettre à lui, il permet à l’imbécillité de réaliser des prouesses remarquables.”  Fabrice Hadjadj.

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Steve Jobs

“Quand tout s’affaiblit et se ralentit dans la vie d’un peuple, il commence à parler d’efficacité. Il en va de même de l’homme lorsqu’il sent son corps délabré, il commence alors pour la première fois à parler de santé.” G.K Chesterton, Hérétiques, 1905.

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Dessin en direct pour la Fondation Partage et Vie

Séminaire de la Fondation Partage et Vie à Montrouge au Beffroi. La fondation regroupe sous son égide 117 établissements et services.  Son objet est la lutte contre toutes les formes de dépendance par le soutien aux personnes dont la perte d’autonomie est la conséquence de l’âge, de la maladie ou du handicap. Thèmes abordés : La tarification T2A, les CPOM, …

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Du bonheur au travail – Pierre Yves Gomez

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Contrairement à ce que pensait Saint-Just en 1794, le bonheur n’est pas une idée neuve en Europe. Pour Platon comme pour Aristote, le rôle de la politique était déjà d’assurer ou de rendre possible le bonheur des citoyens. Le lien entre l’art de gouverner et le bien-être individuel a été établi très tôt, et il est resté un souci constant de la pensée politique occidentale.
Il faut le rappeler au moment où on observe une prolifération rhétorique sur le bonheur dans l’entreprise. Le thème est entré dans la littérature managériale, appuyé par des ouvrages phares comme ceux de Laurence Vanhée (Happy RH. Le bonheur au travail, La Charte, 2013) ou de Tony Hsieh (L’Entreprise du bonheur, Leduc, 2011).

La recherche académique est partagée sur le lien entre le bien-être des employés et leur performance (André Spicer et Carl Cederström, The Research We’ve Ignore About Happiness at Work, Harvard Business Review, juin 2015). Pourtant d’étranges fonctions apparaissent déjà dans les entreprises, comme celle de « responsable du bonheur » (en anglais : « chief happiness officer »), ou d’« animateur des personnes » (qui tente de traduire « people officer »).
Elles ambitionnent de gérer les salariés comme des individus singuliers, dans un esprit de start-up, où l’autonomie personnelle, le désir de participer à un projet collectif et le plaisir qu’on y prend sont considérés comme les trois motivations qui rendent heureux les collaborateurs.
On peut sourire de cette confusion des rôles qui prête au management une responsabilité étendue même au bonheur des gens. On peut aussi soupçonner d’hypocrisie ce souci de félicité. Mais on aurait tort d’ignorer ce mouvement pour au moins trois raisons.

Première raison : il traduit bien la sensibilité typique de notre époque qui évalue l’effort individuellement acceptable à l’aune du plaisir qu’on peut y prendre et donc à sa contribution au bien-être personnel. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les entreprises veuillent concilier l’un et l’autre dans la gestion de leurs collaborateurs. Si la gouvernance des entreprises crée des fonctions et des outils de gestion censés favoriser le bonheur au travail, c’est aussi une affaire de rentabilité.

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