Think out of the box !

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“Je ne saurais donc trop conseiller la vie de château. L’homme n’habite plus assez les palais, les manoirs, les donjons, les gentilhommières. Le gros avantage est qu’on y a beaucoup de place. On sait où mettre les allumettes, le vin, le fromage, la mort aux rats, le sel, le poivre, la cannelle. Il y a un endroit pour le fantôme et un coin pour ranger le vélo. La plante verte s’épanouit dans un couloir grand comme une cathédrale. On peut regarder par les créneaux, se cacher derrière les merlons, monter des escaliers en vis, se perdre dans une antichambre et courir dans les oubliettes. Il y a même une plate-forme en pierre qui met de niveau avec le cheval quand on veut monter en armure ; ce qui est très pratique pour les tournois. Le panorama n’a pas de fin, le potager est immense, le verger délicieux ; on peut errer toute une journée sans sortir des limites du parc, naître devant un horizon sans bornes et se faire enterrer dans le jardin. L’eau du puits est souvent potable ; une barre de fer, dans la cuisine voûtée, permet d’accrocher les jambons. Qui n’aimerait tant de commodités ? C’est pourquoi l’homme adore la vie de château. Il peut se chauffer les jambes devant des cheminées gothiques ornées d’un hérisson ou d’un lapin de garenne, d’un soleil, d’un lion, d’une licorne sur un écusson ouvragé. De temps en temps il tisonne et il rajoute un chêne, un petit poirier ou un épicéa. Il fait venir quelque ménestrel qui lui chante la Chanson de Roland et qui lui propose des devinettes ; des musiciens qui lui jouent de la vielle, du rebec et du tambourin ; des chiens savants qui font mille tours, des jongleurs qui cassent les assiettes, des montreurs d’ours qui montrent leurs ours, des singes qui montrent leur derrière. Ainsi vivait le seigneur, vêtu d’une peau de lapin et coiffé d’un grand capuchon, parmi des dames aux sourcils épilés, ornées de chapeaux pointus et décolletées en cœur, qui portaient des bas en peau de rat pour se protéger des rhumatismes. Le mobilier se composait sobrement d’escabeaux de chêne et de tapisseries splendides qui représentaient des licornes, des paons, des lévriers et des batailles rangées. Mais lisez le Château fort qu’a écrit Jacques Levron et vous saurez tout des châteaux, qui sont la plus belle chose du monde, leur plan, leur histoire, leur déclin, leurs aventures et leur philosophie.”
La Montagne, 29 octobre 1963. Alexandre Vialatte.

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Le téléviseur, Alexandre Vialatte

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« L’homme rentre chez lui découragé. Par la fenêtre de sa cuisine il voit défiler les saisons. Elles passent avec un bruit de pluie fine. (…) L’homme achète la télévision. Il y voit des hommes qui galopent, des chevaux qui courent, des femmes qui plongent, des bonzes qui brûlent, des Arabes qui crient, et le général De Gaulle qui répond point par point à la question qu’on a oublié de lui poser.Entre-temps, des messieurs hirsutes se contorsionnent, des femmes nues poussent des hurlements, des nègres dansent dans une clairière, et on enterre des chefs d’État illustres, dont le cercueil est posé sur un affût de canon au milieu de marins, de cuirassiers et d’hommes célèbres en habit noir. Ces images lui brouillent l’entendement. Il ne voit pas bien ce qu’il fait au milieu de toutes ces choses, avec sa femme, son chat et sa maladie de foie. Le train de ce monde lui paraît triste, grimaçant et frénétique. Il en meurt de chagrin à l’automne, conformément aux statistiques et au théorème de Buffon. Le mois de novembre est arrivé. Il n’y a plus, dans le jardin, que trois ou quatre pieds de chou et une odeur froide de céleri. »

Alexandre Vialatte, Chronique des nourritures et des occupations, in Dernières nouvelles de l’homme.

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Transhumanisme et sens de la limite

transhumanisme humour dessin
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“Pour les Anciens, l’imperfection n’est pas du côté de la limite, mais de l’illimité. Avoir une limite, c’est avoir un contour, une forme, une consistance. Être illimité, c’est être fantômal, informe, inconsistant. La perfection n’est pas dans un perpétuel dépassement de soi qui justement laisserait le soi derrière (afin de mettre le moi en avant, et ses mérites sans grâce). C’est d’être soi, d’atteindre enfin les limites propres à sa nature. Que la poule devienne colombe, elle n’est pas meilleure poule (elle s’est plutôt faite pigeonner). Que l’âne tourne au fier étalon, il passe à côté de la perfection asine (celle qui lui vaut, par exemple, de porter le Sauveur selon la prophétie de Zacharie). « Deviens ce que tu es », dit Pindare. Et les Proverbes (22, 28) : Ne déplace pas la borne antique posée par tes pères.”

Fabrice Hadjadj, extrait d’un article de la revue Limite, septembre 2015. 

 

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Objectif dessin humoristique illustration

objectif
objectif illustration dessin

Un trop grand décalage entre les valeurs qui nous animent et les objectifs que nous nous fixons amènent nombre d’entre nous à renoncer à les atteindre. Mais pour peu que les valeurs et les objectifs soient en parfait accord, alors rien d’impossible et l’on entrera dans une dynamique positive, sans procrastination ni découragements insurmontables. La première chose à faire est donc d’harmoniser valeurs et objectifs en les définissant clairement. Un moyen simple : les mettre sur le papier, les objectifs sont simples, précis et mesurables, les valeurs doivent être claires.

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Accident du travail illustration

accident du travail
accident du travail

  La définition de l’accident du travail est donnée par l’article L.411-1 du Code de la Sécurité sociale. Les accidents du travail sont  ” les accidents survenus, quelle qu’en soit la cause, par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise”.

Il y faut donc :

1.Une date précise.
2.Une blessure physique ou psychique.
3. Un contrat de travail

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La marche triomphale de la très grande entreprise, Pierre-Yves Gomez

Dès l’origine du capitalisme, la critique sociale porta sur la nature même de l’entreprise, qui donnait aux entrepreneurs le pouvoir d’orienter l’économie à partir de leurs intérêts ou de leurs projets. Critique radicale au sens où elle mettait en cause l’accumulation de moyens et de ressources économiques, et leur contrôle par les seuls détenteurs du capital. Le libéralisme dominant arguait que des milliers de petits entrepreneurs se faisant concurrence sur les marchés ne pouvaient imposer leur volonté à la société.

Cet argument fut fragilisé par l’apparition de la grande entreprise associée à la production et à la consommation de masse dans les années 1930. Elles avaient la capacité d’agir sur la société tout entière du fait de l’industrialisation des biens puis des services, des positions dominantes qu’elles pouvaient détenir mais surtout de ce que le philosophe Ivan Illich appellera les « monopoles radicaux », c’est-à-dire la production de produits qui formatent le goût et déterminent certains types de consommation de masse au point d’éliminer toute alternative (Ivan Illich, La Convivialité, Seuil, 1973).

La planète pour espace vital Face à ces grandes sociétés nationales, l’Etat-nation était considéré comme un rempart naturel. Il pouvait définir les règles du jeu économique, éviter les abus de position dominante, voire démanteler les monopoles. La fiction des « trente glorieuses » opposa le pouvoir économique des grandes entreprises au pouvoir politique des Etats. La logique libérale se satisfaisait de cet équilibre puisque, finalement, il rendait le capitalisme socialement acceptable. Les multinationales étant supposées être sous la tutelle du politique, leur gouvernance était un sujet secondaire.  (…)

Suite ici

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cartoon scam

cartoon scam
cartoon scam

Nombreuses sont les arnaques, escroqueries en tous genres, pièges à éviter… Les associations de consommateur œuvrent auprès des personnes pour défendre leurs intérêts et les prévenir de leur crédulité. Dessin illustrant une arnaque, une escroquerie. Vendeur malhonnête.

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